Affaires à suivre

Il existe des secteurs en France qui ont mauvaise presse. Pas assez responsables socialement, un goût trop prononcé pour le profit, peu respectueux de l’environnement etc. La liste des reproches est longue et inclut beaucoup d’industries et d’entreprises. L’agroalimentaire fait partie de ces mal-aimés et occupe depuis quelques mois une place de choix dans la tourmente médiatique. Pourtant ses atouts sont nombreux.

L’ouverture des frontières a permis au commerce de se mondialiser à une vitesse phénoménale. Chaque jour dans nos assiettes nous consommons des mets venus des quatre coins du monde. A la viande argentine, succède une salade israélienne qui précède une belle banane de Martinique. Nous avons accès à profusion de plats et autres douceurs qu’il était encore très difficile de se procurer à bon prix il y a encore plusieurs décennies.

L’industrie agroalimentaire jongle donc avec une quantité phénoménale de produits français et étrangers et propose aux consommateurs que nous sommes une gamme presque infinie de produits. Cette mondialisation est positive même si elle génère de nouveaux problèmes qui sont mis en exergue par des médias en mal de sensations fortes.

Ainsi le scandale de la viande de cheval a touché différents pays européens et a permis de souligner la complexité du modèle économique de l’industrie agroalimentaire. Cette industrie, à l’image de l’industrie pharmaceutique ou de l’énergie est exposée aux critiques de toutes parts. Il est vrai que la santé de millions de personnes dépend du bon fonctionnement de toute la chaîne de l’aliment. Les remontrances sont donc souvent justifiées ou tout du moins compréhensibles.

Critiquer pour améliorer oui ! Accuser et mettre gratuitement à mal tout un secteur non ! Les erreurs et tromperies doivent être pointées du doigt mais il faut raison garder et cesser de stigmatiser toute une industrie dès qu’un début de polémique apparaît. La France qui est en proie à une crise économique profonde peut-elle se permettre de mener à la vindicte populaire un secteur qui emploie 500 000 salariés ? Doit-on dire aux dix milles nouveaux salariés qui embrassent chaque année une carrière dans l’agroalimentaire qu’ils travaillent désormais pour une industrie peu recommandable ?

Les pouvoirs publics sont assez vigilants et savent prendre des décisions drastiques quand la situation l’impose. L’exemple de la viande de cheval le prouve. Il faut leur faire confiance tout en prenant le temps de s’informer auprès de professionnels qui ont la transparence pour meilleure alliée. L’association Nationale des Industries Alimentaires (ANIA) milite depuis des années pour un rapprochement entre les consommateurs et les industriels. La suspicion étant préjudiciable pour tous, des initiatives comme Alimexpert sont positives et sont rassurantes pour les consommateurs.

Jeter la pierre à toute une industrie qui touche tout le monde au quotidien et dont le poids économique est si important, prouve l’existence d’un certain malaise dans notre pays. Préserver nos atouts est capital dans la compétition internationale que se livre les Etats et les entreprises privées. Il en va de nos emplois et de l’avenir de la France en tant que nation qui compte.

 

Author :
Print