Affaires à suivre

Il y a encore six ans, rares étaient ceux qui misaient sur le succès des cigarettes électroniques. Rien ne pourrait détrôner la sacro sainte clope et toute solution alternative à la cigarette, aussi innovante soit elle, était vouée à l’échec. En 2013, la cigarette électronique est sur toutes les bouches ou plutôt entre les lèvres de plus de 500 000 Français qui s’y sont convertis.

L’Office français de prévention du tabagisme a rendu son rapport fin mai et n’a pas lésiné sur les recommandations concernant la cigarette électronique. Pas moins de 28 recommandations ont été adressées au Gouvernement, illustrant si besoin en était que « l’e-cigarette » est sortie de l’anonymat et est en passe de devenir un phénomène de société.

Un phénomène de société qui ne doit pas devenir une mode attirant une jeunesse curieuse et prête à embrasser le moindre mouvement perçu comme cool et branché. C’est d’ailleurs la 3e recommandation des experts qui souhaitent « mettre en œuvre des mesures pour éviter toute promotion et toute facilitation de l’accès de l’e-cigarette aux mineurs et aux sujets n’ayant jamais fumé ». L’e-cigarette a été conçue comme un moyen de sortir d’une dépendance qui fait 73 000 morts en France chaque année. Elle ne doit pas devenir la première étape de la mise en place d’une dépendance à la nicotine comme le souhaitent sournoisement des cigarettiers fâchés de voir leur business être remis en cause de la sorte.

Les modèles de cigarettes électroniques sont nombreux et des magasins spécialisés ont d’ailleurs vu le jour à Paris et dans certaines villes en région. Le rapport de l’Office français de prévention du tabagisme incite quant à lui à la vente des e-cigarettes en pharmacie dans la mesure où se produit vise à combattre une addiction qui génère des milliers de morts et des millions d’euros de dépenses de santé chaque année. Une position logique qui devrait satisfaire une entreprise comme Visiomed qui s’est spécialisée dans le matériel médical et qui commercialise une gamme de cigarette électronique sous le nom de Tag Replay.

La balle est désormais dans le camp du Gouvernement qui devrait légiférer d’ici quelques semaines. Nul doute que le rapport de l’Office français de prévention du tabagisme sera attentivement lu par une ministre de la Santé qui devra trancher sur l’interdiction ou non de la cigarette électronique dans les lieux publics. Une question sensible qui secoue la toile et oppose deux camps bien ancrés dans leurs convictions. Il y aura forcément des mécontents et le Gouvernement le sait fort bien.

 

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