Affaires à suivre

Alors qu’il en était réduit ces derniers mois à attendre le coup de grâce, le secteur automobile a connu en avril 2013 un léger regain d’optimisme. Pour la première fois depuis septembre 2011, les statistiques des ventes affichaient des résultats en hausse. Parfois de beaucoup, comme en Grande-Bretagne, en Espagne ou en Asie, régions du monde ayant connu une croissance à deux chiffres. Un score que n’atteint pas la France, loin s’en faut, mais quand même, il y a des raisons d’espérer.

Certains indicateurs ne trompent pas. Lundi 20 mai, la Bourse de Paris cloturait sa séance sur une augmentation de 5,85% du titre Peugeot, après une journée de vendredi hors du commun, ou il a bondi de plus de 10%. Sur les six dernières séances, l’action Renault a quant à elle pris plus de 18%. Des valorisations qui restent bien en-deçà de la valeur de l’actif, mais témoignent néanmoins d’un nouveau souffle.
En 2012, PSA a produit deux fois plus de voitures qu’il n’en a vendues. Le groupe a ainsi été contraint de mettre sur pied un “plan d’ajustement” pour mettre un terme à ses surcapacités en Europe. Si un accord a été trouvé vendredi 17 mai entre la direction de Peugeot et la CGT, gage que le groupe sortira la tête haute de cette crise, il lui reste à trouver des solutions pour faire ce pour quoi il existe : vendre des voitures – et si possible pas qu’en Chine.
Ce qui est vrai pour PSA l’est tout autant pour l’ensemble des constructeurs sur le marché européen, sinistré par une crise tenace. Simple sur le papier, le défi n’en est pas moins difficile à relever : il faut redonner envie aux consommateurs français et européens d’acheter. Et les moyens de leurs envies.
L’augmentation du pouvoir d’achat peut prendre plusieurs formes. Elle peut passer par un déblocage des crédits à la consommation, bien sûr. Un outil à double tranchant. Mais elle peut aussi, de façon sans doute plus saine, consister en une diminution des prix de vente. C’est ce que proposent les mandataires, structures se fournissant en gros auprès des constructeurs à des prix défiant toute concurrence, pour répercuter par la suite ces réductions sur le prix de vente au détail.
Dans le paysage économique français, trois d’entre eux se démarquent : ARAMIS, IES et AMTT, ce dernier s’étant imposé auprès des professionnels, notamment des assureurs, pour ses remises allant jusqu’à 35%, soit en moyenne 5% de plus que ses concurrents. Alors que les consommateurs français retardent au maximum l’achat d’une voiture neuve, pour la simple et bonne raison qu’il viendrait plomber leur budget, ces initiatives gagnent à être connues si l’industrie automobile ne veut pas que ce spasme boursier reste sans lendemain.

 

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