Affaires à suivre

Une étude très intéressante américaine montre que notre rapport à l’argent est très différent en fonction de la qualité des billets que l’on a dans son portefeuille. Un billet usagé est plus facilement dépensé alors que nous sommes plus avares lorsqu’il s’agit de se séparer d’un billet neuf ou en très bon état.

Des universitaires américains affirment, après enquête, que la propension à dépenser s’accroît dès lors qu’on a entre les mains un billet usagé. « La simple apparence d’un billet influe sur les comportements en matière de consommation. Les particuliers dépenseront davantage avec des billets usés et moins avec des billets neufs ». En plus d’être un moyen de paiement, le billet serait donc un bien comme les autres. Il y aurait une « valeur sociale » inhérente à l’état du billet.

On apprend qu’un billet d’un dollar, très utilisé, n’a une durée de vie que de 18 mois alors qu’un billet de 100 dollars, moins échangé au quotidien, n’est remplacé que tous les 9 ans. Plus un billet passe de main en main, plus il se déprécie. «Les participants à nos expériences retirent une certaine fierté de disposer de ces billets neufs. C’est comme s’ils acquéraient un objet de valeur, qui renforce leur statut social» concluent les chercheurs.

Cette sympathique étude ne doit pas nous faire perdre de vue que les espèces représentent un coût important pour l’Etat. La fabrication des pièces et billets a un faible coût mais qui est supportée par la collectivité. Les moyens de paiement électroniques sont quant à eux à la charge des banques. Les frais bancaires payés par les consommateurs couvrent tous les achats effectués via une carte électronique ou un chèque.

Malheureusement, la Commission européenne et plus particulièrement Michel Barnier, souhaitent mettre fin aux commissions d’interchange. Ces dernières sont payées par le commerçant à la banque de l’acheteur. Si ces commissions d’interchange venaient à disparaître, le coût des moyens et terminaux de paiement serait répercuté sur les consommateurs, c’est-à-dire sur tout le monde.

Une mauvaise affaire pour notre compte en banque mais une bonne pour la création de monnaie papier. En effet, avec des frais bancaires en hausse, les consommateurs seront plus enclins à payer en espèces plutôt qu’à utiliser un moyen de paiement électronique devenu trop cher.

Nos comportements face à l’argent changent donc en fonction de multiples facteurs, pas toujours sus et compris de nous-mêmes. Les études sur le sujet sont nombreuses et il ne fait aucun doute que nous découvrirons certains travers qui font de nous des homo economicus imparfaits.

 

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