Affaires à suivre

Innovation, numérique, nouvelles technologies font d’abord penser aux PME et aux start-up. Mais pour surmonter les restrictions de budgets imposées par la crise, les grands groupes s’intéressent également aux nouvelles possibilités du numérique aussi bien pour leur organisation interne que pour améliorer la satisfaction du client.

L’innovation est au cœur des enjeux économiques de 2013, et Fleur Pellerin en a fait le deuxième volet de son plan. Lors de la présentation de son programme au sénat en juillet 2012, la ministre déléguée auprès du ministre du Redressement productif, chargée des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Innovation et de l’Economie numérique avait fait part de la nécessité de mieux ancrer l’innovation dans le territoire, d’agir sur son financement afin de mieux couvrir la chaîne de l’innovation et de valoriser et diffuser la culture de l’innovation en parallèle de l’esprit d’entreprise.

De nouveaux outils doublement utiles…

Quand on parle d’innovation numérique, il est notamment question des nouveaux systèmes d’information incluant le Cloud Computing ou information en nuage permettant le stockage de données et la migration d’applications de gestion en ligne. Ces nouvelles technologies permettent aux entreprises d’optimiser leurs performances et leur organisation interne.

Mais surtout, et il s’agit là d’une conséquence moins connue des directions, elles modifient profondément le rapport au client en intégrant bien davantage ses attentes à l’offre. L’un des exemples de cette transformation consiste dans la multiplication de terminaux mobiles offrant la possibilité d‘une meilleure interaction avec le client.

… qui ne concernent pas uniquement les start-up et les PME

Si les jeunes entreprises et les PME sont évidemment concernées, on voit mal pourquoi les grands groupes se priveraient de tels outils. D’autant qu’ils doivent composer avec des budgets de plus en plus serrés et que l’optimisation financière ainsi rendue possible les intéresse au premier chef.

Selon une étude de CA Technologies réalisée en juillet 2012, Le financement des projets innovants est désormais pris en charge majoritairement par les directions fonctionnelles (54% contre 46% par les Directions informatiques). Cela prouve bien que les dirigeants entrevoient les possibilités de systèmes d’information innovants avant même leur DSI car ils l’envisagent au–delà du simple prisme logistique pour l’intégrer à une vision globale de l’entreprise.

L’exemple de Vivarte

« C’est un millefeuille. Il faut un système simple. » déclarait le nouveau président de Vivarte Marc Lelandais au Journal du Textile à propos de l’hétérogénéité des solutions informatiques au sein du groupe (La Halle, Kookaï, Minelli, Naf Naf, Chevignon, André). Pour engager la refonte du département informatique, il a recruté un nouveau directeur des systèmes d’information.

De la même façon, le nouveau dirigeant a compris que le web était l’intermédiaire incontournable à intégrer à la relation client. « l’e-commerce est une prestation d’avenir que l’on doit offrir au client. Nous voulons être résolument offensifs dans ce domaine : le client souhaite acheter où il veut quand il veut ». Une réflexion qui a débouché sur des objectifs ambitieux : « Lorsque je suis arrivé, 0,9% de l’ensemble de notre chiffre d’affaires était réalisé sur le web. Cette année ce chiffre va passer à 3%. ».

Les moyens de les atteindre ont déjà été lancés : services de « web to store » et de « store to web », un service « easy chauss » pour la Halle aux chaussures invitant le client à passer commande sur une borne connectée s’il ne trouve pas le modèle qui lui convient dans le point de vente et recrutement d‘un« chief web officer » ayant passé 10 ans aux Etats-Unis.

L’exemple de Vivarte montre que ces nouveaux outils numériques ne sont pas l’apanage des jeunes entreprises et que des structures françaises plus anciennes aux systèmes d’information plus lourds sont conscientes des possibilités en jeu. Une bonne nouvelle pour la compétitivité des ces acteurs qui se donnent toutes les chances de concurrencer les pays émergents.

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