Presque un an après son élection, Hollande ne satisfait pas vraiment les français. Si la persistance de la crise et les mauvais résultats économiques y sont pour quelque chose, les incohérences et les faiblesses du plan de communication du président desservent aussi franchement son image.
Fin décembre, un sondage TNS Sofres-Sopra Group créditait François Hollande de 35% d’opinion favorable. Une chute significative après les 61% du lendemain de son élection. Lui étaient reprochées la lenteur de ses mesures et ses ambivalences politiques.
L’offensive française au Mali a provoqué une brève embellie médiatique, mais de courte durée puisque trois enquêtes d’opinion récentes font état d’une opinion particulièrement défavorable. Le sondage BVA observe que plus des deux-tiers des Français, et 44% de ceux ayant voté pour lui à la présidentielle, sont déçus par Hollande. TNS Sofres signale une chute de sa cote de confiance à hauteur de 30%. C’est le taux le plus bas jamais enregistré depuis 1981 au 10ème mois de mandat présidentiel. Enfin, pour OpinionWay, près des trois quarts des Français restent insatisfaits de la politique économique et sociale gouvernementale.
Mais plus humiliant, un sondage Ifop publié mardi 12 mars révèle que les Français préfèrent Nicolas Sarkozy à François Hollande. Un renversement de tendance puisque c’est la première fois que les français changent de chouchou en 7 enquêtes menées depuis novembre 2011. Un sondage qui fait mal et qui incite encore à la comparaison, à laquelle le président essaye vainement d’échapper.
“le candidat Hollande et ses soutiens revendiquaient le droit de faire une campagne d’amateurs, spontanée, simple, non encadrée. “On ne veut pas faire du Sarkozy !”” rappelle Bruno Roger-Petit, chroniqueur politique qui qualifie l’intervention dijonnaise de “grave échec”.
Si au début de son quinquennat, le président répugnait à se mettre en scène et préférait prendre le contre-pied de son prédécesseur en revenant à un exercice plus classique de la présidence, force est de constater qu’il doit repenser aujourd’hui sa stratégie de communication. Son équipe a donc imaginé une série de déplacements en région, séparés par des intervalles de 6 à 8 semaines, afin de renouer avec le terrain et engager une dynamique médiatique plus soutenue.
Dijon inaugurait le nouveau style présidentielle, avec plus ou moins de succès. Chahuté et taclé par des français mécontents, son déplacement a également été passablement oublié par les médias. Un échec qu’Arnaud Dupui-Castérés, président de Vae Solis, cabinet spécialisé en communication de crise, explique de trois manières.
L’équipe présidentielle n’a d’abord pas réussi à imposer l’évènement sur l’agenda médiatique : « A trop vouloir se positionner en anti-Sarkozy, le Président banalise ses sorties et oublie de donner du relief à son personnage public. Il n’a pas réussi à « créer l’événement ». Les média n’ont pas focalisé leur attention et donc celle des Français ». Ensuite, les français n’ont pas été suffisamment préparés : « Il a manqué un « teasing » autour de se déplacement à la fois auprès des journalistes, mais aussi des Français ». Enfin, le temps n’a pas été favorable.
Espérons pour le président que ces prochains déplacements seront moins douloureux. Les erreurs de Dijon obligeront ses communicants à bétonner leur préparation mais surtout à repenser l’écriture de leur scénario médiatique.
Author : Clémentine Franger